Questions sur la Traçabilité dans l’entreprise
Ingénierie LogistiquePublié le 24 novembre 2010 Pas de commentaireLe cabinet Agenoria, expert en gestion industrielle et logistique intervient depuis de nombreuses années auprès de producteurs, de distributeurs pour la mise en place de système de traçabilité. Quelques réponses à vos questions sur le sujet.
Les crises alimentaires ont engendré un durcissement de la réglementation en matière de traçabilité
Même si la législation impose maintenant aux producteurs et aux distributeurs un certain nombre de règles contraignantes (marquage des produits) le problème majeur n’est pas réglé car il oscille entre, d’une part assurer la sécurité du consommateur et d’autre pas à respecter la liberté de celui-ci. Le problème est délicat. Pour faire simple si on veut assurer une sécurité parfaite du consommateur on devra dans les systèmes d’informations prévoir l’enregistrement des données ( Nom, adresse, téléphone ) sur ce consommateur afin de le prévenir en cas de danger. Mais si c’est le cas d’autres opinions s’élèvent face à la perte de liberté de ce consommateur. Pour ma part je crois que lorsque je passe aux caisses de supermarché et que je paye en carte bleue on me retrouve bien pour assurer le paiement (on est déjà sous contrôle) alors pourquoi ne me prévient-on pas directement si j’ai acheté un aliment dangereux pour ma santé ? La question n’est pas tranchée et donc il y a encore des progrès à réaliser sur la législation. Il existe une loi sur la non assistance à personne en danger !…
Quel est le niveau de connaissance des entreprises concernant la réglementation relative à la traçabilité ?
Très varié suivant les secteurs. En tous les cas il faut bien recentrer le problème :
- La traçabilité est un coût au quotidien (on y reviendra) et ne sert à rien au quotidien (Dieu merci).
- Quand un problème se pose la première question auquel on doit faire face est : Où sont les produits défectueux ?
Si je réduis la réflexion à la logistique il est important de noter l’importance dans les systèmes d’information d’une capacité de rapatriement sélectif (clients ayant été livrés avec le lot défectueux). De ce point de vue, je crois que le nombre d’entreprises capables de faire du rapatriement sélectif est proche de quelques pourcents. Quand une crise éclate en entreprise c’est là que l’on découvre les faiblesses du Système d’information.
Quelques recommandations
Notre expérience sur ces problèmes date maintenant de plus de cinq ans et nous pouvons tirer les expériences suivantes :
- On ne rajoute pas la traçabilité à un système non prévu pour à l’origine.
- La traçabilité augmente considérablement le nombre de saisies à réaliser et nécessite donc l’utilisation de technologie tel que code à barres et lecture radio.
- La traçabilité se perd souvent à la préparation de commandes détails (Picking).
- Pour mettre en place un système de traçabilité, il faut se remettre en cause et non pas bidouiller les systèmes d’information. La première mesure à prendre est de définir un budget traçabilité.
L’expérience nous montre que la mise en place (Avec cette remise en cause) des systèmes de traçabilité nécessite plus d’un an de projet et s’accompagne après une dégradation de la productivité de gains réels sur cette productivité si le projet est bien monté (Sinon !…)
Comment situez la traçabilité aujourd’hui en France ?
La traçabilité est aujourd’hui fortement concentrée sur l’agroalimentaire. Mais un secteur ayant besoin fortement de progresser est la pharmaceutique où la gestion par lot est effective dans les laboratoires mais se perd dans la distribution. Je crois également que les organismes de standardisation doivent prévoir des modifications dans leurs recommandations. Je citerais simplement pour exemple le code EAN 13 si utile pour le passage en caisse mais qui ne comporte pas le N° de lot. Loin de moi l’idée de jeter la pierre à telle entreprise, tel secteur ou tel organisme mais simplement de relever l’ampleur de la tache et la conviction que la traçabilité a devant elle 20 à 30 années de travail. Il est utopique de croire que l’on fera plus vite.


